Le chiffre a changé plusieurs fois dans la journée. D’abord 14 morts, annoncés en matinée par la Protection civile. Puis, dans un communiqué de la Primature publié à 16 heures, le bilan a bondi à 30 décès, avec 6 blessés graves et 16 blessés légers. L’éboulement de la décharge de Dar-es-Salam s’impose désormais comme l’une des catastrophes les plus meurtrières qu’ait connues Conakry ces dernières années.
Tout s’est joué vers 2 heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, dans la commune de Gbessia. Des pluies particulièrement fortes se sont abattues sur la capitale pendant plusieurs heures. Une partie de la montagne de déchets accumulée depuis des décennies sur le site a fini par céder, s’écroulant sur des habitations construites juste en contrebas.
Les secours ont été alertés presque immédiatement. Croix-Rouge, Forces de Défense et de Sécurité, équipes médicales, autorités locales : tout le monde a convergé vers le site dès les premières heures pour tenter de localiser d’éventuels survivants sous les décombres. Le communiqué gouvernemental précise que ces opérations se poursuivaient toujours en fin d’après-midi, avec l’appui des populations riveraines elles-mêmes, souvent en première ligne dans ce genre de situation.
Amadou Oury Bah s’est déplacé personnellement sur les lieux. Le Premier ministre y a constaté l’ampleur des dégâts et supervisé la mobilisation des services publics. Au nom du président Mamadi Doumbouya et du reste du Gouvernement, il a exprimé sa compassion aux familles touchées.
Du côté médical, le CHU de Donka reçoit une bonne partie des blessés. Le Gouvernement affirme que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour leur prise en charge, ainsi que pour venir en aide à ceux qui ont perdu leur toit dans l’effondrement.
Le communiqué se termine par un appel au calme et à la solidarité, et une demande de respect strict des consignes données par les équipes de secours. Les recherches, elles, continuent.
Ce nouveau drame relance forcément la question de la sécurité autour du site. Le président Doumbouya avait pourtant annoncé, dès le 15 juin dernier, sa volonté de fermer définitivement la décharge. Conçue dans les années 1980 pour une ville de 500 000 habitants, Dar-es-Salam continue aujourd’hui d’absorber les déchets d’une agglomération qui en compte plus de six fois plus.
Par Madiba Kaba








