L’affaire Algassimou Diallo continue de faire réagir en Guinée. Le président de la Ligue des démocrates réformistes (LDR), Mamadou Oury Diallo, s’est prononcé sur les sanctions prises contre le haut magistrat à la suite de la diffusion d’un enregistrement audio controversé.
Répondant à une question de Souleymane Barry lors de sa rencontre hebdomadaire avec ses partisans, Mamadou Oury Diallo a d’abord rappelé le parcours d’Algassimou Diallo et les responsabilités qu’il a exercées au sein de l’appareil judiciaire guinéen.
Selon lui, l’affaire ne doit pas être regardée uniquement sous l’angle de la sanction. Elle soulève également des questions importantes sur l’origine de l’enregistrement et les conditions dans lesquelles celui-ci a été obtenu.
Le président de la LDR s’interroge notamment sur la possibilité que des conversations privées de citoyens puissent être enregistrées sans garanties judiciaires.
« Est-ce que cela veut dire que tous les citoyens guinéens désormais sont enregistrés dans leurs conversations ? », s’est-il demandé, jugeant une telle situation particulièrement préoccupante pour les libertés fondamentales.
Mamadou Oury Diallo reconnaît que les services de l’État peuvent être amenés, dans le cadre de leurs missions de sécurité, à effectuer certaines opérations. Mais il estime que de telles opérations doivent être encadrées par la justice.
Il réclame donc une enquête pour déterminer l’origine de l’audio, savoir qui l’a enregistré et dans quelles conditions.
« Cet audio, d’où vient-il ? Qui l’a enregistré ? Et est-ce que la personne a suivi les règles de l’art ? Est-ce qu’elle a un mandat de la justice guinéenne pour faire cela ? », a-t-il insisté.
Autre point soulevé par le président de la LDR, l’intelligence artificielle. Il rappelle que les nouvelles technologies permettent aujourd’hui de reproduire la voix d’une personne et de simuler une conversation qui peut sembler authentique.
Dans ces conditions, il estime nécessaire de procéder à des vérifications avant de tirer des conclusions définitives à partir d’un enregistrement.
Mamadou Oury Diallo préconise notamment l’audition des personnes présentées comme les interlocuteurs de la conversation afin de confronter leurs déclarations au contenu de l’audio et d’établir sa véracité.
Pour lui, l’enjeu dépasse donc le seul cas d’Algassimou Diallo. Il touche également à la protection des libertés individuelles et à la manière dont les autorités doivent traiter les éléments numériques dans un contexte où les outils d’intelligence artificielle rendent les manipulations de voix de plus en plus accessibles.
Le président de la LDR appelle ainsi à la prudence, estimant qu’il ne faudrait pas « briser la carrière d’un haut magistrat à cause d’un enregistrement qui est faux ».
Pour Mamadou Oury Diallo, une enquête approfondie sur l’origine et l’authenticité de l’audio est donc indispensable avant d’aller plus loin dans le traitement de cette affaire.
Par Madiba Kaba








