Pourquoi la Primature demande-t-elle aux ministères de transmettre leurs contrats signés depuis septembre 2021 ? Le gouvernement veut éviter toute interprétation erronée de cette démarche. Pour Moussa Moïse Sylla, il s’agit avant tout de disposer d’une documentation complète sur les engagements pris par l’État au cours des dernières années.
Le sujet a été évoqué mercredi 19 août lors de la conférence de presse du gouvernement. Le ministre et porte-parole adjoint a expliqué que le Premier ministre Amadou Oury Bah avait fixé un délai de 48 heures aux membres du gouvernement pour faire parvenir les documents concernés.
Cette demande couvre une période marquée par plusieurs changements à la tête des départements ministériels. Dans certains cas, les responsables qui occupent aujourd’hui les fonctions ministérielles ne sont pas ceux qui avaient signé ou validé les contrats quelques années auparavant.
Pour la Primature, disposer de ces documents au même endroit doit permettre de mieux reconstituer l’historique des engagements pris par les différents ministères. Il s’agit également de faciliter le suivi des dépenses et des obligations liées aux contrats conclus au nom de l’État.
Moussa Moïse Sylla écarte toutefois toute lecture politique de l’initiative. « Il n’y a pas de ciblage dans ce qu’il a demandé », a-t-il déclaré, présentant la démarche comme une procédure administrative destinée à permettre au Premier ministre d’avoir une meilleure visibilité sur les décisions prises depuis 2021.
Cette opération intervient alors que l’exécutif poursuit la digitalisation de l’administration et met en avant la nécessité d’améliorer la traçabilité des actes publics. La centralisation des contrats s’inscrit, selon le ministre, dans cette logique de meilleure organisation de l’information administrative.
La question porte donc moins, à ce stade, sur les contrats eux-mêmes que sur la volonté de disposer d’un état consolidé des engagements de l’État. La Primature pourra ainsi avoir accès à une même base documentaire, malgré les changements intervenus dans les différents ministères.
Moussa Moïse Sylla assure par ailleurs que les départements concernés ont répondu à la demande dans le délai imparti.
La suite de cette opération permettra surtout de mesurer son utilité concrète, meilleur suivi des engagements, meilleure traçabilité des dépenses et, plus largement, une administration disposant d’une information plus complète sur ses propres contrats.
Par Madiba Kaba








