La fraude autour des examens nationaux guinéens ne serait pas uniquement le fait de candidats cherchant à obtenir illicitement des réponses. Elle pourrait, selon le professeur Alpha Amadou Bano Barry, impliquer des personnes présentes à plusieurs niveaux du dispositif scolaire et administratif.
L’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation s’est exprimé sur cette question mercredi 19 août 2026, lors de son passage dans l’émission Guinée Today sur Télé 24.
Dans son intervention, il distingue cinq groupes susceptibles de participer aux pratiques frauduleuses.
Le premier regroupe certains responsables intervenant dans la gestion des examens. Selon Bano Barry, des irrégularités peuvent se produire à différents échelons de la chaîne, depuis les niveaux de décision jusqu’à l’organisation pratique des épreuves.
Le deuxième groupe concerne certains enseignants. L’ancien ministre fait notamment référence à ceux qui encadrent des groupes de révision et peuvent, dans certains cas, transformer ces espaces en réseaux payants autour des examens.
Il évoque ensuite les personnels enseignants affectés à des tâches directement liées au déroulement des épreuves. Surveillance des salles, secrétariat, correction, préparation des procès-verbaux et traitement des notes sont autant de fonctions qu’il considère comme sensibles.
Les parents d’élèves constituent, selon lui, un autre maillon. Certains chercheraient eux-mêmes des moyens de favoriser la réussite de leurs enfants, tandis que des enseignants pourraient également leur proposer des services liés à la fraude.
Enfin, les candidats sont eux aussi concernés. Mais Bano Barry établit une différence entre les formes traditionnelles de tricherie et les pratiques organisées.
Il rappelle que les petites tentatives individuelles ont toujours existé dans les salles d’examen : mémos préparés à l’avance, échanges ponctuels entre candidats ou consultation discrète d’une information. Il considère ces pratiques comme moins préoccupantes que les mécanismes structurés.
Le professeur insiste davantage sur les fraudes utilisant les technologies et sur le phénomène des « triplants », qu’il présente comme des pratiques particulièrement dangereuses pour la crédibilité des examens.
« Les plus dangereux sont ceux qui sont dans la fraude informatique et les triplants », a-t-il affirmé.
Cette sortie de l’ancien ministre remet ainsi au centre du débat la sécurisation de l’ensemble du processus d’évaluation. Pour lui, combattre efficacement la fraude suppose de ne pas concentrer les contrôles uniquement sur les candidats, mais de surveiller également les différentes étapes et les personnes qui interviennent dans l’organisation des examens.
La question dépasse donc la simple surveillance des salles : elle touche à la fiabilité de toute la chaîne, de la préparation des épreuves jusqu’à l’enregistrement des résultats.
Par Madiba Kaba








