« Ça passe ou ça casse » « Ça passe ou ça casse. » C’est avec cette formule que le Professeur Alpha Amadou Bano Barry résume l’état d’esprit d’un candidat qui affronte un examen national pour la troisième fois. Invité de l’émission Guinée Today ce mercredi 19 août, le sociologue a livré une mise en garde directe à l’attention du ministère de l’Éducation : ne jamais placer les triplants dans les mêmes centres que les primo-candidats.
Son raisonnement tient en une phrase : contrairement à un élève qui découvre l’examen, celui qui le repasse pour la troisième fois n’a, selon lui, « ni peur ni honte ».
Pour illustrer son propos, le Pr Bano Barry décrit le parcours d’un candidat qui échoue depuis plusieurs sessions consécutives, s’accrochant malgré les échecs répétés jusqu’à se retrouver, à sa cinquième tentative, prêt à tout tenter pour décrocher son diplôme. À ce stade, explique-t-il, la peur de l’échec a disparu : elle a déjà été vécue plusieurs fois. Ne reste que l’envie d’en finir, par n’importe quel moyen.
C’est cette différence de calcul, entre celui qui craint encore l’échec et celui qui n’a plus rien à perdre, qui rendrait dangereuse toute cohabitation entre les deux profils dans un même centre.
Le sociologue insiste particulièrement sur un mécanisme qu’il juge sous-estimé par les organisateurs : la fraude, dit-il, se propage par simple observation, même chez les candidats les mieux préparés. Un élève qui travaille sérieusement, confronté à la triche d’un voisin de salle laissée sans réaction, finirait par intégrer ce comportement comme acceptable plutôt que comme une exception à dénoncer.
Cette dynamique de contagion, plus que la fraude individuelle en tant que telle, justifierait selon lui une séparation stricte des deux catégories de candidats.
Pr Bano Barry a formulé cette recommandation directement à l’intention des autorités éducatives, sans que le ministère n’ait pour l’heure réagi publiquement à cette proposition.
Par Adama Bah







