C’est à l’occasion de la pose de la première pierre du futur Musée régional et du Centre culturel de Mamou, samedi 8 août, que le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a levé le voile sur les intentions du gouvernement concernant l’un des dossiers mémoriels les plus sensibles du pays : le retour des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry, dernier souverain du Fouta-Djalon, actuellement conservés au Musée de l’Homme à Paris.
La demande guinéenne, adressée officiellement aux autorités françaises, ne concerne pas seulement l’Almamy lui-même. Elle vise également les restes de trois de ses proches : son fils Modi Sory, son frère Thierno Ciré, ainsi que son chef de guerre Satigui Modou. Le ministre a tenu à préciser la nature de cette démarche, écartant tout projet d’exposition muséale : la demande, formulée au nom du président de la République, vise un rapatriement en vue d’un enterrement digne, et non d’une simple restitution symbolique destinée à un musée guinéen.
Selon les explications du ministre, si Paris donne une suite favorable à cette requête, des funérailles nationales seront organisées sur instruction du chef de l’État, afin que l’Almamy et ses compagnons reçoivent enfin une sépulture.
Bocar Biro Barry reste une figure centrale de la résistance guinéenne face à la colonisation française. Il trouve la mort en 1896 lors de la bataille de Porédaka, dans laquelle il s’oppose à la progression des troupes coloniales. Ses restes, comme ceux de nombreuses autres figures africaines ayant résisté à la conquête européenne, ont depuis été conservés dans des collections muséales françaises — une réalité qui alimente depuis plusieurs années les débats sur la restitution du patrimoine humain et culturel africain conservé en Europe.
Pour le ministère de la Culture, cette initiative dépasse le seul cas de Bocar Biro : elle s’inscrit dans une politique plus large de réhabilitation des figures ayant incarné, à travers l’histoire guinéenne, la résistance et la défense de la souveraineté nationale.
Par Madiba Kaba








