Ce jeudi 30 juillet 2026, l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, s’est rendu au siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC) pour une rencontre de travail consacrée aux grandes questions qui traversent actuellement le secteur des médias. La discussion a couvert plusieurs thèmes : les bouleversements du paysage informationnel, les enjeux de la régulation, la sauvegarde de la liberté d’expression, ainsi que les contours de la future instance de régulation prévue par la nouvelle Constitution guinéenne.
La séance s’est tenue sous la présidence de Boubacar Yacine Diallo, président de la HAC, entouré des commissaires de l’institution. Les participants ont notamment évoqué les changements profonds que connaît aujourd’hui l’univers médiatique : la montée en puissance des réseaux sociaux, le poids grandissant des créateurs de contenu, et l’évolution des modèles économiques des entreprises de presse.
À l’issue de la rencontre, le diplomate français s’est dit satisfait de la teneur des discussions. Il a souligné qu’il fallait trouver un juste équilibre entre encadrement du secteur et respect des libertés fondamentales, rappelant que la multiplication des acteurs de l’information — réseaux sociaux, influenceurs, nouvelles formes de journalisme, rachats par des groupes privés — rend cet exercice d’autant plus délicat.
« Le rôle de la régulation est important, mais il ne doit pas se faire au détriment de la liberté de la presse et de la liberté d’expression. Toute la question est de savoir où placer le curseur. »
L’ambassadeur a par ailleurs salué les priorités portées par le président de la HAC, parmi lesquelles la formation des professionnels des médias, l’accréditation des journalistes et le renforcement du modèle économique des entreprises de presse. Selon lui, la solidité financière des médias reste une condition indispensable pour préserver leur indépendance et leur permettre d’assurer durablement leur mission d’information.
Les deux parties se sont accordées sur l’organisation, dès la rentrée prochaine, d’une table ronde réunissant la HAC et les organisations professionnelles de journalistes. L’objectif : approfondir le dialogue sur les défis du secteur de la presse, en Guinée comme en France, deux pays confrontés à des problématiques comparables en matière d’information.
Luc Briard est également revenu sur les réformes institutionnelles à venir, en particulier la création du futur organe de régulation des médias annoncé par la nouvelle Constitution, appelé à remplacer la HAC. Une loi organique doit être votée par le Parlement guinéen à la rentrée. La France, a-t-il assuré, se tient prête à accompagner les autorités guinéennes dans cette transition, dans le but de bâtir une institution aussi crédible que possible.
Cette visite traduit une volonté partagée de renforcer le dialogue autour de la gouvernance des médias, à l’heure où les mutations numériques imposent de repenser l’équilibre entre régulation, responsabilité et libertés fondamentales.








