Près de dix mois après la disparition de son père, Elhadj Adama Keïta, à N’Zérékoré, le journaliste d’investigation guinéen en exil Mamoudou Babila Keïta rompt le silence. Dans une déclaration rendue publique le 27 juillet 2026, il appelle le président de la République à intervenir afin que son père, âgé de 76 ans, retrouve sa liberté.
Selon le journaliste, Elhadj Adama Keïta a été enlevé le 29 septembre 2025 sans qu’aucune explication officielle n’ait, à ce jour, été communiquée à sa famille. Depuis, ses proches disent vivre dans l’incertitude, sans information sur son sort ni sur les raisons de sa disparition.
Commerçant de profession et personnalité connue à N’Zérékoré, Elhadj Adama Keïta est présenté par sa famille comme un homme étranger aux engagements politiques, ayant consacré sa vie à son activité professionnelle et à sa foi. Son âge avancé nourrit également les inquiétudes de ses proches, qui s’interrogent sur son état de santé et sur les conditions dans lesquelles il serait retenu.
Jusqu’à présent, Mamoudou Babila Keïta affirme avoir privilégié la discrétion. Il explique avoir suspendu ses interventions publiques afin de laisser une chance aux démarches entreprises auprès de plusieurs personnalités locales, notamment des sages de la région forestière, des responsables communautaires de N’Zérékoré et de Babila, ainsi que des autorités religieuses et civiles. Selon lui, ces initiatives n’ont toutefois pas permis d’obtenir une évolution de la situation.
Estimant avoir épuisé les voies de médiation, le journaliste choisit désormais d’interpeller publiquement les autorités guinéennes. Dans son texte, il assure que sa démarche ne relève ni d’un combat politique ni d’une volonté de confrontation, mais d’un appel fondé sur des considérations humanitaires et le respect des principes de l’État de droit.
À travers cette prise de parole, Mamoudou Babila Keïta demande au chef de l’État de favoriser une issue qu’il espère conforme aux valeurs de justice, de dignité et de respect des personnes âgées. Dix mois après la disparition de son père, son appel remet en lumière une affaire qui demeure sans explication officielle et relance les interrogations sur le sort d’Elhadj Adama
Keïta.
Par Madiba Kaba








