Alors que la fraude au baccalauréat 2026 continue de susciter de vifs débats en Guinée, notamment après les poursuites judiciaires engagées contre plusieurs candidats, la question de la nature des sanctions à appliquer reste au cœur des discussions. Faut-il continuer à traiter ces faits devant les tribunaux ou privilégier des mesures disciplinaires prévues par le règlement des examens ? Invité de l’émission Parlons Vrai sur IBM Soul TV, ce lundi 27 juillet, l’activiste de la société civile et acteur de l’éducation guinéenne Bella Bah a pris position en faveur d’une réforme du dispositif actuel. Tout en dénonçant les décisions prises dans cette affaire, il a appelé à la dépénalisation de la fraude aux examens.
Selon lui, le premier dysfonctionnement se situe au niveau du ministère en charge de l’Éducation, qui n’aurait pas dû transmettre ces dossiers à la justice. Mais il pointe surtout la responsabilité de la justice guinéenne.
« La justice guinéenne a beaucoup failli. S’il y a quelqu’un à sanctionner dans cette affaire, c’est le procureur et le juge. On ne peut pas juger des enfants d’à peine 17 ans et les envoyer dans une prison centrale avec des criminels », a-t-il déclaré.
Pour Bella Bah, la fraude à un examen ne doit pas être considérée comme une infraction pénale justifiant une incarcération. Il estime que les sanctions doivent relever du règlement des examens nationaux.
« Lorsqu’un candidat est surpris en situation de fraude, il doit être sanctionné sur le plan scolaire. Il peut reprendre son année, voire être exclu des examens pendant une période déterminée. Mais l’envoyer en prison n’est pas une solution », a-t-il soutenu.
L’acteur de l’éducation appelle ainsi à dépénaliser la fraude aux examens, tout en renforçant les sanctions administratives afin de préserver la crédibilité des évaluations nationales.
Abordant également la session de rattrapage du baccalauréat 2026, Bella Bah a invité les candidats concernés à garder confiance en eux et à saisir cette nouvelle opportunité.
Il a enfin insisté sur l’importance de l’orientation scolaire et professionnelle, rappelant que la réussite ne se limite pas à l’obtention du baccalauréat.
« On étudie pour acquérir des compétences, obtenir un emploi, devenir autonome et aider sa famille. Les jeunes doivent bien s’informer avant de choisir leur orientation », a-t-il conclu.
Par Madiba Kaba








