Les affaires de violences sexuelles répertoriées ces derniers temps dans la préfecture de Mandiana continuent de faire des vagues. Invitée ce jeudi 23 juillet dans l’émission « Parlons Vrai » sur IBM Soul TV, Fatou Baldé Yansané, militante sociale et défenseure des droits des femmes, est revenue sur ce sujet brûlant. Elle pointe du doigt les failles du système judiciaire et réclame des mesures concrètes.
Face à ce qu’elle qualifie sans détours de « monstruosités », l’activiste dénonce le retard accumulé par les autorités dans la prise en charge des dossiers. Elle s’appuie notamment sur le souvenir de drames passés, dont le viol d’une jeune fille diffusé en direct sur les réseaux sociaux il y a quelques années, pour rappeler que les mobilisations citoyennes peinent encore à déboucher sur des peines exemplaires. Son constat reste amer : « Le viol est un crime. Il y a trop de crimes, trop de viols et peu de punitions. L’impunité est la source de tous les maux de notre société aujourd’hui. »
Pour la responsable associative, le problème dépasse le cadre purement légal et s’enracine dans les réflexes éducatifs. « Les parents s’inquiètent lorsqu’une fille est victime, mais ils se préoccupent rarement de l’éducation des garçons, alors que ce sont eux qui commettent les viols », déplore-t-elle, regrettant cette tendance lourde à faire porter la responsabilité du drame sur la victime plutôt que sur l’agresseur.
Pour sortir de cette impasse, Fatou Baldé Yansané appelle à une réaction sur plusieurs fronts. Au-delà d’une sévérité accrue devant les tribunaux pour casser le sentiment d’impunité, elle propose un accompagnement médical et psychiatrique pour les profils déviants, couplé à un travail de fond sur l’éducation des jeunes hommes.
Une méthode globale qu’elle juge indispensable pour enrayer la hausse des agressions en Guinée.
Par Madiba Kaba








