Quand on parle de développement économique, on évoque souvent les routes, l’électricité, les investissements ou encore les infrastructures. Pourtant, un autre levier, moins visible mais tout aussi essentiel, mérite une attention particulière : la normalisation. Sans normes fiables, il est difficile pour une économie de gagner en crédibilité, de protéger les consommateurs et de conquérir de nouveaux marchés.
C’est sur ce terrain que l’Institut Guinéen de Normalisation et de Métrologie (IGNM) tente aujourd’hui de faire bouger les lignes. Depuis son arrivée à la tête de l’institution, Djoumé Sangaré s’emploie à remettre la question de la qualité au centre des préoccupations. Un chantier ambitieux dans un environnement où les exigences de conformité n’ont pas toujours occupé la place qu’elles méritent.
Cette dynamique s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Mamadi Doumbouya, qui fait de la transformation économique, du développement industriel et du renforcement de la compétitivité nationale des priorités. Elle bénéficie également de l’accompagnement du ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME, sous la conduite de Mme Fatima Camara, engagé dans la mise en place d’un environnement favorable aux entreprises et dans la promotion de produits répondant aux exigences de qualité.
L’enjeu dépasse largement le cadre administratif. Derrière les normes se cachent des réalités très concrètes : la justesse des balances utilisées dans les marchés, la qualité des matériaux de construction, la conformité des produits alimentaires ou encore la protection des consommateurs. Autant de questions qui touchent directement le quotidien des citoyens.
Dans cette perspective, la qualité n’est plus un simple détail technique. Elle devient un facteur de confiance, un outil de compétitivité et un véritable passeport pour permettre aux entreprises guinéennes de mieux se positionner sur les marchés régionaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et de la CEDEAO.
Le 10 juillet 2026, l’IGNM a organisé à l’hôtel Palm Camayenne de Conakry un atelier consacré à la mise en conformité des instruments de pesage. La rencontre a réuni des représentants de plusieurs secteurs d’activité : industries agroalimentaires, sociétés minières, acteurs de la pêche, gestionnaires de marchés, commerçants, importateurs d’équipements de pesage et associations de consommateurs.
Soutenue par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Projet d’Appui au Développement Industriel et à la Résilience des PME, cette initiative visait à rappeler l’importance du respect des règles métrologiques. Car derrière une balance mal réglée ou un instrument non conforme, ce sont parfois des pertes économiques, des litiges commerciaux ou des atteintes aux droits des consommateurs qui se cachent.
L’un des aspects les plus intéressants de la démarche actuelle de l’IGNM réside dans l’accompagnement proposé aux entreprises. L’institut ne veut plus être perçu uniquement comme une structure chargée du contrôle. Il entend également jouer un rôle de conseil et d’appui. À travers un processus d’accompagnement structuré, allant du diagnostic des besoins jusqu’à l’appui à la certification, en passant par le contrôle, l’étalonnage et la formation, les PME peuvent bénéficier d’un encadrement technique destiné à améliorer la qualité de leurs produits et services.
Cette approche répond à une réalité souvent évoquée par les entrepreneurs : beaucoup souhaitent se conformer aux exigences de qualité, mais manquent parfois d’accompagnement ou de moyens techniques pour y parvenir. En se rapprochant davantage des opérateurs économiques, l’IGNM peut contribuer à créer un véritable changement de culture.
Le défi reste cependant important. Pour répondre pleinement à ses missions, l’institution devra poursuivre le renforcement de ses capacités techniques, moderniser ses laboratoires et intensifier les contrôles sur le terrain. C’est à ce prix que les efforts engagés pourront produire des résultats durables.
La qualité ne se décrète pas. Elle se construit progressivement, à travers des règles respectées, des contrôles crédibles et un accompagnement adapté des acteurs économiques. C’est ce chantier que l’IGNM tente aujourd’hui de mener sous la direction de Djoumé Sangaré, avec l’appui des autorités publiques. Son succès dépendra de sa capacité à faire de la qualité une réalité visible dans les marchés, les entreprises et la vie quotidienne des Guinéens.
Par Madiba Kaba








