Abdoulaye Sy-Savané, PDG du groupe AMSY et spécialiste des questions de sécurité routière, était l’invité de l’émission « Parlons vrai » sur IBM Soul TV ce mercredi 8 juillet. Il a livré son analyse sur la recrudescence des accidents de circulation en Guinée et proposé des pistes pour lutter contre ce fléau. Face à la multiplication des drames sur les routes, il estime que le changement doit passer par une prise de conscience collective, mais surtout par une application rigoureuse des règles .

Pour Abdoulaye Sy Savané, les causes de cette insécurité routière sont connues depuis longtemps. Il cite notamment l’excès de vitesse, la distraction au volant, le mauvais état des véhicules, le non-respect du code de la route et les insuffisances dans les contrôles.
« Tant que les mentalités ne changent pas, les accidents auront de beaux jours devant eux », a-t-il déclaré, rappelant que la prévention doit être permanente et non une simple réaction après chaque drame.
Selon lui, la responsabilité ne peut pas être attribuée uniquement aux chauffeurs. « Les causes sont multiples. Elles concernent le conducteur, le véhicule, l’environnement, les infrastructures, les forces de sécurité et l’État. Chacun doit jouer son rôle », a-t-il expliqué.

L’ancien cadre du ministère des Transports insiste également sur la nécessité de renforcer les sanctions. Pour lui, l’impunité face aux infractions graves encourage les comportements dangereux. « Le manque de sanctions encourage la récidive », a-t-il affirmé, estimant qu’un conducteur impliqué dans un accident grave ne doit pas pouvoir reprendre la route sans conséquences.
« Quand quelqu’un implique plusieurs personnes dans un accident avec un véhicule inapproprié et qu’il rentre dormir tranquillement chez lui, cela donne un mauvais signal », a-t-il dénoncé.
Abdoulaye Sy Savané appelle aussi à une meilleure surveillance des véhicules avant leur mise en circulation. Selon lui, l’entretien préventif doit devenir une habitude, surtout pendant la période d’hivernage où les conditions de circulation deviennent particulièrement difficiles.
Sur les mesures prises par les autorités après certains accidents majeurs, notamment l’interdiction de circulation des gros porteurs pendant la nuit, l’expert estime que l’essentiel reste leur application dans la durée. « Une chose est de mettre des procédures en place, une autre chose est de les appliquer correctement et dans le temps », a-t-il souligné.
Pour lui, la Guinée ne souffre pas d’un manque de textes, mais plutôt d’un manque de rigueur. « Les législations existent, mais elles ne sont pas toujours appliquées », a-t-il regretté, plaidant au passage pour le renforcement des moyens de contrôle, notamment par l’installation de radars afin de mieux lutter contre les excès de vitesse.
L’expert a également évoqué la question des infrastructures routières. Selon lui, le réseau actuel peine à suivre l’évolution rapide du parc automobile : « Les routes conçues il y a plusieurs décennies ne correspondent plus au niveau actuel de la motorisation. »
En guise de conseil aux usagers, il invite les conducteurs à plus de responsabilité. « Un voyage se prépare. Derrière chaque accident, il y a toujours une règle transgressée », a-t-il rappelé.
Pour Abdoulaye Sy Savané, la sécurité routière doit désormais être placée au plus haut niveau des priorités publiques, car derrière chaque statistique se cachent des familles entières plongées dans la douleur.
Par Madiba Kaba








