À Conakry, les chiffres donnent le tournis : la capitale produit plus de 2 800 tonnes de déchets par jour. Une quantité impressionnante dont une bonne partie finit dans la rue ou obstrue les caniveaux, créant un casse-tête sanitaire et environnemental permanent. Face à ce constat, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, s’apprête à abattre une nouvelle carte en liant salubrité publique et emploi des jeunes.
Le projet prend la forme d’un programme baptisé JADE (Jeunes Acteurs du Développement par l’Économie Circulaire). L’idée centrale est de cesser de voir ces montagnes d’ordures comme une fatalité, mais plutôt comme une matière première capable de générer des revenus et de sortir une partie de la jeunesse du chômage.
Sur le terrain, la mise en œuvre technique reviendra à l’Agence Nationale de l’Assainissement et de la Salubrité Publique (ANASP). Concrètement, le dispositif va s’attaquer au problème à la source, directement dans les quartiers, en y installant des systèmes de collecte et de tri sélectif. Les plastiques seront recyclés, les déchets organiques transformés en compost, tandis que les cartons, alvéoles et sacs en papier serviront à fabriquer du charbon écologique. Pour faire tourner cette machine, le ministère mise sur la création de coopératives et de microentreprises gérées par les jeunes eux-mêmes.
L’une des originalités de ce plan repose sur l’aspect financier avec l’introduction des « Tontines Vertes ». Les bénéfices tirés de la vente des produits recyclés et des engrais ne vont pas s’évaporer : ils alimenteront ce fonds de solidarité pour financer et pérenniser les projets des jeunes entrepreneurs locaux.
Pour le lancement de la phase pilote, les objectifs sont déjà chiffrés. Le ministère table sur la sélection et l’accompagnement de 100 projets viables. En parallèle, 300 Jeunes Leaders de l’Assainissement vont être formés sur le tas, avec une ligne directrice claire sur l’inclusion : les femmes devront représenter au moins 60 % des effectifs.
En poussant vers cette économie circulaire, Aboubacar Camara espère amorcer un virage décisif pour la capitale. Reste maintenant à voir comment le projet JADE se déploiera concrètement sur le terrain pour tenir sa double promesse : assainir la ville et offrir des perspectives professionnelles à la jeunesse.
Par Madiba kaba-626205653








