Le climat politique guinéen traverse une nouvelle zone de turbulences au lendemain des scrutins du 31 mai dernier. Ce mercredi 17 juin, le Bloc Libéral (BL) a animé une conférence de presse à la Maison de la Presse, sise au quartier Minière, pour dénoncer avec force les graves dysfonctionnements qui ont émaillé les récentes élections couplées. Devant les professionnels des médias, le président d’honneur du parti, docteur Faya Millimouno, a exprimé ses vives inquiétudes quant à la transparence et à l’équité du processus, estimant que l’organisation actuelle empêche une saine compétition entre les forces politiques du pays.
Lors de cette sortie médiatique, le leader d’honneur du BL s’est montré particulièrement alarmiste face à ce qu’il qualifie de tentative de restauration d’un système de « parti-État ». Il accuse les autorités de verrouiller progressivement les institutions républicaines pour imposer une pensée unique, écrasant ainsi la diversité démocratique indispensable à la Guinée. Pour appuyer ses dires, il a pointé du doigt l’invalidation massive de listes de candidats dans plusieurs localités, une mesure qui a directement frappé sa propre formation politique et qu’il considère comme une barrière délibérée dressée contre les partis d’opposition.
Au-delà de l’exclusion des candidats, les critiques de Faya Millimouno visent le fonctionnement même de l’appareil électoral lors de ce double scrutin. Il conteste avec virulence le manque d’impartialité des membres de la commission électorale, le montant exorbitant des cautions financières exigées pour participer, ainsi qu’une interprétation des lois qui favoriserait certains concurrents. Pour le Bloc Libéral, les règles du jeu ont été appliquées de manière asymétrique, faussant dès le départ la légitimité de la compétition.
Refusant de cautionner ce qu’il qualifie de fraudes et d’anomalies logistiques lors du vote, le parti a réitéré son intention de lancer des recours officiels devant les tribunaux compétents pour faire valoir ses droits. En réponse, les autorités chargées des élections défendent vigoureusement leur bilan, affirmant avoir agi dans le strict respect du Code électoral, tout en assurant qu’elles se plieront aux futures décisions de justice.
Cette confrontation directe, mise en lumière ce mercredi à la Minière, illustre une fois de plus le fossé qui sépare le pouvoir et l’opposition dans cette phase délicate de refondation institutionnelle.
Par Madiba Kaba








