Invité ce mardi sur le plateau de l’émission « Parlons Vrai » d’IBM Soult TV, le président de l’Alliance Démocratique pour le Changement (ADC-BOC), Dr Ibrahima Sory Diallo, a dressé un bilan sans concession des élections législatives et communales du 31 mai dernier. Fraîchement élu député selon les résultats provisoires de la Direction Générale des Élections (DGE), le leader politique oscille entre la dénonciation de dysfonctionnements majeurs et une acceptation pragmatique du verdict des urnes.
Si Dr Ibrahima Sory Diallo reconnaît le climat apaisé dans lequel s’est déroulé le scrutin, il rejette fermement toute idée de transparence. Vidéos à l’appui transmises à la direction de la DGE, il dénonce des bourrages d’urnes à ciel ouvert. « Nous avons vu des présidents de bureaux de vote cocher l’intégralité des bulletins en faveur d’un bloc politique bien connu, en prétextant que l’ordre venait du préfet », a-t-il martelé, excluant avec ironie tout recours à l’intelligence artificielle pour falsifier ces preuves. Le président de l’ADC-BOC pointe directement du doigt la responsabilité de l’administration publique dans l’organisation du scrutin, affirmant que ces dérives justifient le retour historique à une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Face à ces accusations, le député élu demande à la Cour suprême d’invalider purement et simplement les listes prises en flagrant délit de fraude.
Interrogé sur l’hégémonie de la coalition présidentielle (GMD) et de ses alliés, Dr Diallo refuse d’y voir une adhésion populaire. Selon lui, le processus a été biaisé en amont par une répartition inéquitable des ressources. L’opposition aurait été délibérément asphyxiée financièrement, les subventions de campagne n’ayant été débloquées pour les partis non alignés que deux jours avant le vote, le jeudi 28 mai. « Pourquoi donner l’argent d’une campagne quand elle est terminée ? », s’interroge-t-il, révélant avoir dû vendre 12 de ses parcelles personnelles pour autofinancer sa propre campagne. Faute de moyens financiers et logistiques, son parti n’a pu déployer des délégués que dans ses fiefs traditionnels, notamment à Kindia, où un contentieux électoral pour la liste communale est actuellement en cours de délibération. Avec une coalition présidentielle raflant la grande majorité des sièges, le futur Parlement guinéen inquiète le leader de l’ADC-BOC. Ce dernier craint une réplique de la dynamique du Conseil National de la Transition (CNT), privant l’hémicycle des trois groupes parlementaires nécessaires au débat démocratique. Dr Ibrahima Sory Diallo prévient toutefois qu’il n’entend pas jouer les figurants ou limiter son rôle à « lever mécaniquement la main pour obtenir un passeport diplomatique ». Prônant une opposition constructive, il promet de focaliser son mandat sur le contrôle strict de l’action gouvernementale, l’audit des budgets ministériels et l’obligation d’appels d’offres publics pour tout projet dépassant les 100 000 euros. « Si le Parlement reste à la solde du pouvoir sans contrôler les dépenses, le président Mamadi Doumbouya se fatiguera et ses ambitions pour le pays échoueront, comme celles de ses prédécesseurs », a-t-il conclu, appelant ses futurs collègues députés à privilégier la compétence, la lecture des textes et la rigueur budgétaire.
Par Madiba kaba-626205653








