L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) a présenté, ce jeudi à la Maison de la Presse de Conakry, un rapport consacré au fonctionnement de la chaîne pénale en Guinée. Le document met en évidence plusieurs dysfonctionnements persistants dans le système judiciaire.
Selon l’organisation, l’étude relève notamment des irrégularités dans le traitement des dossiers, un recours jugé excessif à la détention préventive, ainsi que des conditions de détention toujours préoccupantes dans certaines prisons du pays.
Les responsables de l’OGDH estiment que la privation de liberté est encore trop souvent utilisée comme mesure automatique, au détriment d’alternatives prévues par la loi.
« Dans plusieurs situations, la détention est utilisée de manière quasi systématique alors que des mesures comme le contrôle judiciaire ou la caution existent », a expliqué un intervenant lors de la présentation du rapport.
Le document souligne également des lenteurs importantes dans le traitement des procédures judiciaires, entraînant parfois de longues périodes d’attente avant jugement.
L’OGDH reconnaît toutefois certaines avancées enregistrées depuis les réformes engagées dans le secteur de la justice, notamment à partir de 2016. L’organisation estime néanmoins que les efforts restent insuffisants face aux défis actuels.
Pour illustrer ses constats, le rapport évoque des cas de détenus ayant passé de longues années en détention avant d’être jugés ou libérés, une situation jugée préoccupante par les défenseurs des droits humains.
L’organisation appelle à un renforcement du respect des garanties judiciaires, à une meilleure application des textes en vigueur et à une réduction du recours à la détention préventive.
Par Madiba Kaba








