Plus d’un mois après le décès du commandant Aboubacar “Toumba” Djakité, l’ancien chef de la transition guinéenne de 2009, Moussa Dadis Camara, a finalement pris la parole. Invité de l’émission Franc Parler sur Espace Europe, animée par Lamine Guirassy à Paris, il a réagi sans détour à la disparition de son ancien aide de camp, dans un ton mêlant retenue et fermeté.
Dès le départ, Dadis Camara a fait savoir qu’il n’entendait pas s’étendre sur le sujet. Tout en rappelant que la mort est une réalité universelle, il n’a pas exprimé de condoléances, préférant garder une certaine distance. Mais derrière cette réserve apparente, ses propos traduisent une relation restée profondément marquée par les événements passés.
« Il a voulu m’éliminer », a-t-il déclaré, évoquant les tensions qui avaient opposé les deux hommes au plus fort de la crise de 2009. Une affirmation lourde de sens, qui rappelle les blessures encore vives liées aux événements du 28 septembre, dont le procès a récemment occupé l’actualité nationale.
L’ancien président de la transition a néanmoins souligné un point qu’il juge essentiel : le fait que Toumba Djakité ait pu témoigner publiquement devant la justice. Pour lui, cette prise de parole a permis de clarifier certaines responsabilités et d’éviter des interprétations erronées sur le rôle de chacun dans cette période sombre de l’histoire guinéenne.
Revenant sur sa propre situation, Moussa Dadis Camara a insisté sur l’absence de preuves directes retenues contre lui, tout en reconnaissant la responsabilité liée à son statut de dirigeant à l’époque des faits. Une position qu’il continue de défendre, malgré les nombreuses controverses.
Cette sortie médiatique, loin d’apaiser les débats, relance les discussions autour des responsabilités et de la mémoire collective. Elle montre surtout que, même après la disparition de Toumba Djakité, les tensions du passé restent présentes dans les esprits.
Décryptage: Madiba kaba








