Le procès impliquant l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a repris ce lundi devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette nouvelle audience intervient après une modification de la composition de la chambre chargée de juger l’affaire.
Mis en cause dans un dossier portant sur un présumé détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux évalué à près de 20 milliards de francs guinéens, Mohamed Lamine Bangoura a fermement rejeté les accusations.
Face au tribunal, il a retracé son parcours professionnel afin d’expliquer l’origine de ses revenus. Avant son arrivée à la Cour constitutionnelle en 2015, il affirme avoir exercé comme enseignant-chercheur à la faculté de droit, tout en menant des activités de conseil. Selon ses déclarations, ses revenus ont évolué au fil des responsabilités qu’il a occupées au sein de l’institution.
Interrogé sur l’absence de déclaration de patrimoine avant sa prise de fonction, l’ancien haut responsable a reconnu ne pas avoir accompli cette formalité, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas, selon lui, d’un acte volontaire.
Concernant les fonds évoqués dans le dossier, il soutient qu’ils étaient destinés au fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Il affirme que ces ressources servaient à assurer diverses dépenses administratives, notamment les primes, les charges de fonctionnement, les frais de déplacement et d’autres besoins liés à l’institution.
Mohamed Lamine Bangoura a également apporté des explications sur son patrimoine immobilier, affirmant que certains biens avaient été acquis avant son passage à la tête de la Cour constitutionnelle. Il a notamment évoqué un investissement immobilier réalisé à Dakar, financé, selon lui, grâce à un prêt bancaire et à des ressources personnelles.
Au cours des échanges, il a indiqué disposer de comptes dans plusieurs établissements bancaires, parmi lesquels Vista Bank, la Société Générale et Afriland First Bank.
L’audience n’a toutefois pas pu aller à son terme en raison de l’absence de l’Agent judiciaire de l’État, représentant une partie civile. Le dossier a été renvoyé au 4 mai 2026.
D’autres affaires inscrites au rôle de la CRIEF ont également été reportées, certaines concernant d’anciens responsables publics poursuivis pour des infractions économiques similaires.
Par Madiba Kaba








